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DUHEM, Pierre

DUHEM, Pierre

DUHEM, Pierre


Né le 10 juin 1861 à Paris
Décédé le 14 septembre 1916 à Cabrespine (Aude)


Physicien et philosophe des sciences français




Extrait de l'article Duhem (Pierre), par René Taton et J. Ardoino, Dictionnaire des biographies, PUF, 1958

« Philosophe et physicien français né à Paris le 10 juin 1861. Il fait de bonnes études au collège Stanislas où il s'intéresse surtout à l’histoire. Il subit profondément l’influence de J. Moutier, son professeur de physique. Il est reçu premier à l’École normale supérieure en 1882, premier à l’agrégation de physique en 1885, et reste à l’École normale supérieure comme préparateur.
En 1887, il est nommé maître de conférences à la Faculté des Sciences de Lille. C’est alors, que perdant sa femme, il va se consacrer tout entier à l’éducation de sa fille et à des travaux scientifiques. Après un court séjour à Rennes, il est nommé en 1895 professeur de physique théorique à la Faculté des Sciences de Bordeaux, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort.
Esprit très cultivé et très pénétrant, il publia de nombreux mémoires et traités de physique théorique, en même temps que des études de philosophie scientifique et de très nombreux travaux d’histoire des sciences. La doctrine et les applications de l’énergétique, l’objet et la structure des théories physiques, l’histoire de la mécanique et des théories cosmogoniques ont été ses sujets d’études favoris.

Il publie Les origines de la Statique (1903-1906), les Leçons élémentaires de thermo-dynamique et de chimie, La théorie physique, son objet, sa structure (1906), le Traité d’Énergétique ou de Thermodynamique générale (1911), et un important ouvrage dont les cinq premiers volumes paraîtront de 1913 à 1917 : Système du monde, Histoires des doctrines cosmologiques de Platon à Copernic. La publication des trois tomes suivants, laissés en manuscrits par Pierre Duhem, a débuté en 1955.

Il meurt à Cabrespine (Aude), le 14 septembre 1916. »







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Duhem a consacré une grande partie de son labeur à l'histoire des sciences. Celle-ci n'était pas pour lui un simple objet de curiosité, car il pensait qu'on ne peut avoir une idée juste sur la science, si l'on se borne à la considérer dans son état actuel. Il était en même temps capable de faire œuvre d'érudit, qui remonte aux sources, compulse et compare les manuscrits, examine les écritures et propose des corrections de textes.
Ses deux volumes sur les origines de la statique témoignent d'une réelle maîtrise dans ce genre d'études. Duhem nous montre les deux impulsions que la statique a reçues dès l'origine. Dans l'une, apparaît la tendance d'Archimède où l'on cherche à construire une statique entièrement indépendante de la dynamique sur le modèle des Éléments d'Euclide, en ramenant par une analyse patiente les cas les plus complexes aux équilibres simples et élémentaires ; l'autre source, essentiellement synthétique, peut être rattachée à Aristote.
Duhem, en étudiant l'histoire de cette seconde tendance, met en évidence le rôle au XIIIe siècle de l'école d'un certain Jordanus de Nemore, né suivant lui à Nemi en Italie, et chez qui il aperçoit une ébauche de la méthode des travaux virtuels. Jordanus et ses successeurs postulent en effet que « ce qui peut élever un certain poids à une certaine hauteur peut aussi élever un poids n fois plus grand à une hauteur n fois plus petite ». Il est assurément remarquable de trouver dans cette école du moyen âge un appel incontestable au principe que Descartes prendra pour fondement de la statique, et qui, grâce à Jean Bernouilli et à Lagrange, deviendra la proposition fondamentale de la science de l'équilibre.
Émile PICARD, La vie et l'œuvre de Pierre Duhem

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La tentative qui se propose de réduire toute la Physique à la Mécanique rationnelle, tentative qui fut toujours vaine dans le passé, est-elle destinée à réussir un jour ? Un prophète seul pourrait répondre affirmativement ou négativement à cette question. Sans préjuger le sens de cette réponse, il paraît plus sage de renoncer, au moins provisoirement, à ces efforts, stériles jusqu'ici, vers l'explication mécanique de l'Univers.
Nous allons donc tenter de formuler le corps des lois générales auxquelles doivent obéir toutes les propriétés physiques, sans supposer à priori que ces propriétés soient toutes réductibles à la figure géométrique et au mouvement local. Le corps de ces lois générales ne se réduira plus, dès lors, à la Mécanique rationnelle.
A la vérité, la figure géométrique et le mouvement local demeurent des propriétés physiques ; elles sont même celles de ces propriétés qui nous sont le plus immédiatement accessibles. Notre corps de lois générales devra s'appliquer à ces propriétés et, appliqué à ces propriétés, il devra nous redonner les règles qui dominent le mouvement local, les règles de la Mécanique rationnelle. La Mécanique rationnelle doit donc résulter du corps de lois générales que nous nous proposons de constituer ; elle doit être ce qu'on obtient lorsqu'on applique ces lois générales à des systèmes particuliers où l'on ne tient compte que de la figure des corps et de leur mouvement local.
Le code des lois générales de la Physique est connu aujourd'hui sous deux noms : le nom de Thermodynamique et le nom d'Énergétique.
Le nom de Thermodynamique se rattache étroitement à l'histoire de cette science ; ses deux principes les plus essentiels, le principe de Carnot et le principe de la conservation de l'énergie, ont été découverts en étudiant la puissance motrice des machines à feu. Ce nom se justifie encore par ce fait que les deux notions de travail et de quantité de chaleur sont constamment en jeu dans les raisonnements par lesquels cette doctrine se développe.
Le nom d'Énergétique est dû à Rankine ; l'idée d'énergie étant la première que cette doctrine ait à définir, celle à laquelle se rattachent la plupart des autres notions dont elle fait usage, ce nom ne paraît pas moins bien choisi que le nom de Thermodynamique.
Sans décider s'il convient de regarder l'une de ces deux appellations comme préférable à l'autre, nous les emploierons toutes deux comme équivalentes entre elles.
Pierre DUHEM, Introduction

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