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CAUCHY, Augustin-Louis

CAUCHY, Augustin-Louis

CAUCHY, Augustin-Louis



Né le 11 août 1789 à Paris
Décédé le 23 mai 1857 à Sceaux (Hauts-de-Seine)





Extrait de l'article CAUCHY (Augustin-Louis), par René Taton, Dictionnaire des biographies, PUF, 1958

« Mathématicien français né à Paris le 11 août 1789.
Élève de l'École polytechnique, il en sortit dans le corps des Ponts-et-Chaussées.
Il abandonna l’administration pour se consacrer aux mathématiques. Professeur d’analyse et de mécanique à l’École polytechnique à partir de 1815, il enseigna également à la Faculté des Sciences et au Collège de France.
Nommé par le roi à l’Académie des Sciences en 1816 en remplacement de Carnot, exclu pour des motifs politiques, il sut faire oublier cet acte de favoritisme par le nombre et l’importance des mémoires qu’il publia dans les différents domaines des mathématiques et de la physique mathématique. Il apparut bientôt comme le mathématicien le plus brillant de son époque.
En 1830, il refusa de prêter serment à Louis-Philippe et s’expatria, enseignant à l’Université de Turin, avant de devenir le précepteur du duc de Bordeaux.
Rentré en France en 1838, il participa aux travaux de l’Académie des Sciences, sans reprendre de poste officiel. En 1853, à la suite d’une dispense de serment, il reprit son enseignement à la Faculté des Sciences.
Cauchy mourut à Sceaux le 23 mai 1857. Esprit très profond à la curiosité universelle, il renouvela la plupart des grands domaines de l’analyse, y introduisant une rigueur accrue et une présentation plus logique.
Ses œuvres, qui formeront un ensemble de 27 volumes in-4°, sont d’une richesse exceptionnelle et elles ont inspiré une partie importante des travaux du XIXe siècle. »







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Quelques personnes, qui ont bien voulu guider mes premiers pas dans la carrière des sciences, et parmi lesquelles je citerai avec reconnaissance MM. Laplace et Poisson, ayant témoigné le désir de me voir publier le Cours d'analyse de l'École royale polytechnique, je me suis décidé à mettre ce Cours par écrit pour la plus grande utilité des élèves.

J'en offre ici la première partie connue sous le nom d'Analyse algébrique, et dans laquelle je traite successivement des diverses espèces de fonctions réelles ou imaginaires, convergentes ou divergentes, de la résolution des équations, et de la décomposition des fractions rationnelles.
En parlant de la continuité des fonctions, je n'ai pu me dispenser de faire connaître les propriétés principales des quantités infiniment petites, propriétés qui servent de base au calcul infinitésimal.
Enfin, dans les préliminaires et dans quelques notes placées à la fin du volume, j'ai présenté des développements qui peuvent être utiles soit aux Professeurs et aux Élèves des Collèges royaux, soit à ceux qui veulent faire une étude spéciale de l'analyse.
Quant aux méthodes, j'ai cherché à leur donner toute la rigueur qu'on exige en géométrie, de manière à ne jamais recourir aux raisons tirées de la généralité de l'algèbre. Les raisons de cette espèce, quoique assez communément admises, surtout dans le passage des séries convergentes aux séries divergentes, et des quantités réelles aux expressions imaginaires, ne peuvent être considérées, ce me semble, que comme des inductions propres à faire pressentir quelquefois la vérité, mais qui s'accorde peu avec l'exactitude si vantée des sciences mathématiques.
On doit même observer qu'elles tendent à faire attribuer aux formules algébriques une étendue indéfinie, tandis que, dans la réalité, la plupart de ces formules subsistent uniquement sous certaines conditions, et pour certaines valeurs des quantités qu'elles renferment.
En déterminant ces conditions et ces valeurs, et en fixant d'une manière précise le sens des notations dont je me sers, je fais disparaître toute incertitude ; et alors les différentes formules ne présentent plus que des relations entre les quantités réelles, relations qu'il est toujours facile de vérifier par la substitution des nombres aux quantités elles-mêmes.
Il est vrai que, pour rester constamment fidèle à ces principes, je me suis forcé d'admettre plusieurs propositions qui paraîtront peut-être un peu dures au premier abord.
Par exemple, j'énonce dans le chapitre VI, qu'une série divergente n'a pas de somme ; dans le chapitre VII, qu'une équation imaginaire est seulement la représentation symbolique de deux équations entre quantités réelles ; dans le chapitre IX, que, si des constantes ou des variables comprises dans une fonction, après avoir été supposées réelles, deviennent imaginaires, la notation à l'aide de laquelle la fonction se trouvait exprimée, ne peut être conservée dans le calcul qu'en vertu d'une convention nouvelle propre à fixer le sens de cette notation dans la dernière hypothèse ; etc.
Mais ceux qui liront mon ouvrage reconnaîtront, je l'espère, que les propositions de cette nature, entraînant l'heureuse nécessité de mettre plus de précision dans les théories, et d'apporter des restrictions utiles à des assertions trop étendues, tournent au profit de l'analyse, et fournissent plusieurs sujets de recherches qui ne sont pas sans importance. Ainsi, avant d'effectuer la sommation d'aucune série, j'ai dû examiner dans quels cas les séries peuvent être sommées, ou, en d'autres termes, quelles sont les conditions de leur convergence ; et j'ai, à ce sujet, étable des règles générales qui me paraissent mériter quelque attention.
Augustin-Louis CAUCHY, Introduction

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